Afin
de préparer le congrès national du CARNACQ ( CARrefour National des
Associations et Comités de Quartiers ), qui doit se dérouler à Rennes
les 4 et 5 avril 1992, l'UQEA s'est portée volontaire pour organiser
une
rencontre régionale sur le thème de " La Nouvelle Citoyenneté ".
Les participants viennent de toute la Bretagne ( Brest, Rennes,
Fougères, Saint-Malo ), et bien entendu les Quimpérois comptent de
nombreux représentants : Les associations membres de l'UQEA, au nombre
de six à l'époque, plus celles du Lendu, de Locmaria et du Corniguel.
En
fouillant dans les cartons volumineux contenant nos archives,
nous avons retrouvé quelques articles de presse et le texte
préparatoire proposé par l'UQEA. Il est intéressant de relire cette
petite analyse plus de 20 ans après et de se poser la question :
"Avons-nous progressé ?"
Cette page sera complétée ultérieurement par d'autres documents
si nous en retrouvons.
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ANNONCE
( Ouest-France, 11 janvier 1992 )
COMPTES-RENDUS
( Le
Télégramme, 13 janvier 1992 )
cliquez pour lire

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(
Ouest-France, 13 janvier 1992 )
cliquez
pour lire

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TEXTE PRÉPARATOIRE
Remarque : Il y avait d'autres textes préparatoires, rédigés par des
associations non quimpéroises, mais nous ne les avons malheureusement
pas retrouvés.
Cliquez ici pour
télécharger le texte au format pdf.
LES
ÉLUS ET LES ASSOCIATIONS D'HABITANTS
Contribution aux débats
de la
rencontre régionale des associations d'habitants du 11 janvier 1992 à
Quimper. Ce texte, rédigé et proposé par des membres de l'UQEA à partir
de leur expérience, n'engage que ses auteurs. Il est destiné à
alimenter la réflexion des participants.
-oOo-
Le tableau présenté dans ces quelques pages n'est pas exhaustif, la
division en catégories des élus locaux répond à des critères
arbitraires et manque évidemment de nuances. Il faut donc y voir
seulement une contribution volontairement réductrice et quelque peu
polémique au débat.
Remarque
préliminaire: Sont exclus de ce tableau ceux des élus pour qui
la politique est le moyen de s'enrichir ou de préserver des
privilèges. Nous partirons du principe qu'un élu est désintéressé
et met toute son énergie au service de la collectivité, car il nous
semble qu'à l'échelon local il en va la plupart du temps ainsi.
-oOo-
1.) LES CANDIDATS ET LES
PRINCIPES
:
Tout le monde se réclame de la démocratie, tout le monde affiche un
intérêt plus ou moins électoral pour l'opinion des habitants, certains
plus que d'autres font la cour au mouvement associatif dont ils sont
eux-mêmes issus.
- Il y a ceux qui ont un peu peur de nous et savent
nous
ménager quand il le faut,...
- ... et ceux pour qui nous sommes un élément essentiel
du
fonctionnement démocratique de la cité.
- Entre ces deux attitudes, tous les métissages sont
possibles, et au niveau individuel il n'y a pas nécessairement de
coïncidence avec les clivages politiques traditionnels.
2.) LES ÉLUS ET LA RÉALITÉ
DE LA
GESTION MUNICIPALE :
DÉMOCRATIE ET
ÉCONOMIE :
Entre les principes de la démocratie et les exigences des pouvoirs
économiques en place, la contradiction est totale. Face à cette
situation, plusieurs attitudes des élus sont possibles:
- Jouer le jeu des pouvoirs économiques par
conviction,
pour le bien supposé de la collectivité. Dans ce cas bien
évidemment, les souhaits des citoyens passent au second plan. Les
revendications de la base prennent alors une forme conflictuelle et les
relations entre les citoyens et les élus se fondent sur un rapport de
force. Les associations d'habitants peuvent remporter des succès si la
mobilisation est suffisante.
- Donner la priorité absolue à l'expression
démocratique,
quitte à desservir les intérêts des groupes de pression économiques.
Cette attitude implique une volonté politique très forte et s'appuie
nécessairement sur un tissu associatif serré et actif. Pour un élu,
c'est certainement le choix le plus difficile, car il bouscule trop
d'intérêts puissants.
- Essayer de concilier des "nécessités économiques"
présentées comme incontournables et les principes de démocratie. C'est
certainement l'attitude la plus ambigüe, fondée sur une jonglerie
permanente. On pratique les formes de la démocratie (concertation,
consultation, information ...), mais les décisions continuent à être
prises ailleurs. Les grands perdants sont les citoyens et leurs
associations, pris au piège dans des structures d'apparence
démocratique mais au pouvoir nul.
- Baisser les bras devant la puissance des
"partenaires"
économiques et enterrer la mort dans l'âme les beaux principes énoncés
pendant la campagne électorale. C'est alors l'élu qui devient l'otage
d'une politique qu'il n'a pas souhaitée. Comme sa bonne foi est
reconnue
des habitants et de leurs associations, ceux qui exercent le pouvoir
réel l'utilisent volontiers comme tampon, mais cette ambigüité ne peut
durer, et petit à petit il perd la considération de ses interlocuteurs.
- Bien évidemment tous les panachages imaginables sont
possibles entre ces cas de figure.
DÉMOCRATIE ET
TECHNOCRATIE : Le mot de "technocratie" n'a rien de péjoratif.
Il s'agit d'une forme de pouvoir comme une autre, résultant d'un choix
de société. Les décisions "technocratiques" ne prennent en compte que
des critères techniques (faisabilité, rentabilité, etc...), à
l'exclusion de tout choix idéologique. Il est indéniable que des
structures techniques fiables et compétentes sont une nécessité
objective sans laquelle ceux qui ont en charge la gestion de la
collectivité se condamneraient à l'impuissance ou à des erreurs graves.
Mais bien souvent il s'agit de structures très lourdes, prisonnières
des habitudes et peu aptes à l'innovation audacieuse.
Comment dans ces conditions imposer des solutions techniques nouvelles
répondant à des choix idéologiques différents ? Bien des élus se sont
cassé les dents sur cet obstacle.
- Les uns se satisfont parfaitement de l'existence de
ce
pouvoir parallèle, dont le fonctionnement en principe non idéologique
s'accorde la plupart du temps fort bien avec les intérêts des groupes
de pression économiques.
- d'autres décident de prendre le problème à
bras-le-corps,
affirment la prééminence du politique sur le technique et s'efforcent
d'imposer leur point-de-vue. Cela implique de la part de l'élu qu'il
sache s'entourer d'avis compétents et qu'il s'appuie sur les structures
démocratiques de base que sont les associations d'habitants.
- et puis encore une fois il y a ceux qui baissent les
bras,
laissant les technocrates imposer leurs solutions. Ils sont frustrés,
ne se l'avouent pas toujours et finissent bien souvent par reconnaître
le pouvoir de fait des "techniciens".
3.) LES ÉLUS ET LES CITOYENS
:
LA QUESTION DE LA
LÉGITIMITÉ :
- Ayant été portés au pouvoir par le suffrage
universel, les élus ont pour eux une légitimité indiscutable. Leurs
décisions ne peuvent être légalement remises en cause en cours de
mandat, et si les citoyens sont mécontents de l'usage qui est fait de
leur délégation de pouvoir (promesses non tenues, choix
contestables, manque de transparence, etc ...), ils peuvent
sanctionner une équipe par leur vote aux prochaines élections.
- Il est également parfaitement clair que les
associations
d'habitants ne peuvent jamais prétendre à une légitimité qui leur
donnerait un droit de décision dans les instances de gestion
municipale. Il s'agit en effet de structures très diverses ne
remplissant pas la plupart du temps les conditions formelles d'un
fonctionnement démocratique et leur ambition n'est pas de gérer une
ville, dont elles n'ont pas une vue d'ensemble.
- Ces deux points ayant été posés en préalable, il
reste que:
- Les associations d'habitants ont à juste titre
conscience
de représenter les citoyens et leurs intérêts.
- Les élus ont besoin des informations, des
suggestions et
des critiques des citoyens afin d'appuyer ou d'infléchir en permanence
leur politique en cours de mandat, tant il est vrai que LA DÉMOCRATIE
FORMELLE N'EST PAS LA DÉMOCRATIE TOUT COURT.
LA PRATIQUE
:
Étant donné le caractère "non règlementaire" des relations entre élus
et associations d'habitants, la pratique est fort diverse et dépend de
très nombreux facteurs qu'il est impossible d'analyser en quelques
lignes. Constatons simplement la diversité des situations:
- Il est des élus, heureusement de plus en plus rares,
qui
méprisent souverainement les associations d'habitants. Les relations ne
peuvent alors qu'être conflictuelles.
- Il y a ceux qui recherchent honnêtement les
suggestions ou
les critiques de la base, consultent systématiquement et sans
arrière-pensée les associations et tiennent compte de leur avis.
- Il y a ceux qui, en toute bonne foi, se sentent
investis en
tant que représentants du peuple d'une légitimité qui confine au droit
divin et confondent consultation et information filtrée. Selon eux, la
responsabilité du pouvoir est si lourde qu'il ne saurait être question
d'en laisser une parcelle à des structures aussi incertaines que des
associations d'habitants.
- Et bien sûr il y a toutes les formes intermédiaires
possibles, avec toutes les divergences et contradictions qui règnent à
l'intérieur même d'une équipe municipale, ceux qui croient honnêtement
consulter les habitants mais sont en fait utilisés par d'autres , ceux
qui ... ceux qui ... etc ...
4.) CONCLUSION PROVISOIRE :
L'état actuel des relations entre les élus et les habitants est loin
d'être satisfaisant. La "NOUVELLE CITOYENNETÉ" est souvent pour
l'instant un concept idéal bien éloigné de la réalité de notre
pratique. Il faut espérer que nos rencontres permettront d'avancer sur
la voie de la démocratie locale. |
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