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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'UQEA
4 décembre 1998


RAPPORT D'ACTIVITÉS ET D'ORIENTATION


En général, le rapport d'activité d'une association se présente comme une liste d'actions réussies, avec tout au plus un petit point noir ici et là … mais globalement encourageant.

Malheureusement, le rapport d'activité de l'UQEA n'aura rien de tel à présenter. Toutes nos démarches, tous nos combats se sont soldés par des défaites. Jamais nous n'avons obtenu quoi que ce soit. Nous aurions bien une liste à présenter, mais il s'agirait d'une liste de déceptions : Ce mandat, comme le précédent,  aura consacré l'échec de la concertation sur tous les plans. Dans aucun domaine, sur aucun dossier nous n'avons été écoutés.

LA MAISON LE GUEN

Digérer l'affaire de l'abattoir était déjà difficile … la Maison Le Guen ne nous a pas laissés souffler et nous a fourni dès le mois de juin une nouvelle occasion de poussée d'adrénaline. Finalement la ville a dû se rendre à l'évidence : une maison mortuaire sur le parking de la MPT, c'était vraiment trop gros ! Elle a donc préempté, et nous pouvions nous réjouir ! Enfin quelque chose de positif à mettre au bilan de l'année. … Hélas ! La décision de préemption, arrachée de haute lutte à la mairie, était assortie d'un nota bene : la maison serait rasée, et il n'était pas question que la MPT puisse tirer un bénéfice quelconque de l'opération : on ferait un rond-point, ou un jardin, ou n'importe quoi, mais rien pour la MPT ! Et quand nous avons demandé aux élus au cours d'un conseil de quartier mouvementé (un de plus) les raisons de cette décision, la réponse a été on ne peut plus claire : " Cela a été décidé en bureau municipal, et les raisons ne vous regardent pas ".

EGTS

Et puis il y a EGTS, dont le dossier n'est certes pas encore clos, mais qui ne nous a apporté jusqu'à présent que des déceptions successives, débouchant pour les uns sur la colère, pour d'autres sur une très grande lassitude. Tous ici ont suivi l'affaire, elle est exemplaire. En fait "exemplaire" est un mauvais terme, puisqu'il s'agit de l'exemple détestable de ce qui ne devrait jamais arriver. Peut-être faudrait-il dire "contre-exemplaire".

Lorsque l'UQEA a été saisie par l'ARK-KEB du dossier "EGTS", elle s'est posé la question suivante : comment intervenir de façon originale, sans faire double emploi avec l'action de l'ARK-KEB ? Et la réponse s'est imposée immédiatement : l'UQEA n'interviendrait pas sur les éléments techniques du dossier, mais sur la manière dont celui-ci a été géré par la ville. Comment a fonctionné en l'espèce la démocratie locale dont on parle tant et pour laquelle la ville de Quimper a même reçu un prix national il y a quelques mois. Quimper cité comme référence nationale en matière de respect de ses citoyens, de quoi être fier … Malheureusement il y a bien loin du rêve à la réalité. Dane maire a décidé, comme il en a le droit, les conseillers se taisent, et c'est tout. Tout le reste (courriers des associations, pétitions, enquête publique …) est accessoire. Que dire de plus ? Le dossier n'est pas clos, nous avons écrit à tous les conseillers municipaux pour leur exposer la situation, et nous espérons encore un sursaut de bon sens de la part du maire. L'entêtement n'est pas une preuve d'intelligence politique, et nous voulons croire au pouvoir de l'intelligence.

LE PROJET URBAIN

Au bilan du mandat écoulé, nous pourrions également mettre le projet urbain, vaste chantier qui devrait mettre de l'ordre dans le développement anarchique de la ville et déboucher sur un nouveau POS, réglant de façon claire la répartition des zones d'habitat et des zones d'activités. On nous a invités à y "participer", nous avons joué le jeu, mais soyons sérieux. De quoi s'agissait-il en réalité ? De séances d'information, sans plus. Jamais le cabinet d'études qui a travaillé sur le projet n'a jugé bon d'interroger les habitants ni bien entendu leurs associations. Et même s'il ne s'agissait que de propositions, nous avons fort bien compris que nous ne pourrions rien y changer. Cela dit, la volonté affichée par les élus d'éliminer les anomalies du "zonage" actuel en séparant nettement l'habitat des zones d'activités ne pouvait que rencontrer notre assentiment. Et patatras ! voilà EGTS … Sans commentaire !

QUELLES CONCLUSIONS ?

Tous ces dossiers que nous avons eus à traiter nous ont donné à réfléchir. D'abord, ce sont à chaque fois les habitants qui ont "soulevé le lièvre" (Abattoir, Bretagne-Truites, Maison Le Guen, EGTS, Maison communautaire de l'hôpital Gourmelen au Bourdonnel), et à chaque fois nous avons eu en face de nous trois catégories d'élus :
  • une minorité informée mais complètement allergique à l'idée même de concertation avec les habitants,
  • une majorité de conseillers non informés, découvrant le problème après nous,
  • et ceux qui sont probablement de notre avis mais se taisent, au nom de la solidarité municipale … Solidarité avec qui ?
Comment attendre dans ces conditions que les dossiers importants nous soient soumis ? Les uns n'ont aucune envie de nous les soumettre, les autres n'en ont même pas connaissance ou gardent le silence.

Il semble donc hélas qu'une politique de concertation entre les habitants et les élus soit totalement impossible à Quimper. Il y a trop d'hypothèques à lever, trop de mauvaises habitudes à bousculer, trop d'ambitions à freiner. La démocratie a de nombreux ennemis, parmi lesquels on peut citer en toute première place le goût des honneurs et la langue de bois. Or l'UQEA n'a pas le premier et ne pratique pas la deuxième.
  • Non, l'UQEA, de même que les militants des associations d'habitants, n'a pas le goût des honneurs. Elle n'a pas l'ambition de partager le pouvoir avec qui que ce soit, elle n'a rien à gagner à flatter ni à mentir. N'ayant rien à perdre, elle est donc peu vulnérable.
  • Non, l'UQEA ne pratique pas la langue de bois, et ne la pratiquera jamais. Nous disons ce que nous avons à dire, ne rendant de comptes qu'aux habitants qui nous ont choisis pour les représenter. Et nous comprenons d'autant plus mal que nos interlocuteurs politiques se taisent quand nous leur demandons d'exprimer leur avis.

Pour échanger il faut être au moins deux, il faut que toutes les cartes soient sur la table. Nous avons donc été amenés à nous poser la question fondamentale suivante : Est-ce que cela vaut bien la peine de gâcher nos soirées dans de soi-disant "Conseils de Quartiers" stériles et surtout extrêmement frustrants ? Ne vaudrait-il pas mieux reconnaître que nous nous sommes engagés dans un impasse et en tirer les conséquences ? Nous gagnerions du temps, de l'énergie, et nos ressources en optimisme – qui ne sont pas inépuisables – pourraient être utilisées à meilleur escient. C'est pourquoi je proposerai en tant qu'actuel président de l'UQEA notre retrait du Conseil de Quartier, chaque association membre étant bien entendu libre de continuer si elle le juge utile. L'UQEA mettrait ainsi entre parenthèses l'idée de la concertation qu'elle défend depuis si longtemps, tant que les conditions ne seront pas plus favorables. Elle pourrait  consacrer une plus grande part de son énergie à l'animation d'Ergué-Armel, au renforcement des liens entre les associations et les quartiers … tout en continuant bien entendu à coordonner la solidarité de tous les Armélois lorsqu'un dossier épineux se présente …

En tous cas, il faut que l'UQEA continue à vivre !


Le président, Jacques Petit.




PROPOSITIONS DE MODIFICATION DES STATUTS :

Article 6 : Le Conseil d'Administration est composé d'une part d'un représentant de droit de chacune des associations adhérentes et d'autre part de représentants des adhérents individuels, dans la proportion d'un tiers au maximum. Il est élu par l'Assemblée Générale et se réunit au moins une fois par trimestre, ou à la demande du 1/3 de ses membres.

Article 7 : Le CA élit un bureau composé au minimum de 5 personnes : le président, deux vice-présidents, un trésorier, un secrétaire. La présidence est assurée à tour de rôle pour une année par une des associations membres, qui délègue un représentant.




( Le Télégramme, 7 décembre 1998 )





( Ouest-France, 7 décembre 1998 )



Plusieurs points de cet article comportant des erreurs d'interprétation,
l'UQEA a demandé à Ouest-France de publier une mise au point ( lire notre courrier ),
ce qui a été fait partiellement dans l'édition du 9/12